L’oeuvre de Pierre Bourdieu en pratiques !
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La belle rencontre de LASSEUBE

Compte rendu

D 5 mai 2019     H 16:21     A Administrateur     C 0 messages


Pour faire vivre l’œuvre de Pierre Bourdieu sur son territoire – 2019 Trajectoires migratoires - Trajectoires sociales – Trajectoires historiques
Lasseube, mercredi 27 mars 2019.

Rencontre avec Stephane Beaud, professeur de sociologie à l’Université de Poitiers Auteur de « La France des Belhoumi portraits de famille 1977-2017 »

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du partenariat établi autour de « L’œuvre de P. Bourdieu en pratiques ». La session 2019 à Lasseube donne lieu à une soirée riche d’échanges et d’éclairages sociologiques.

La table ronde autour de Stéphane Beaud, est composée d’un panel déjà rôdé à la collaboration avec les associations lasseuboises (l’Arécrée, Atout jeune). Celles-ci apportent la « matière première », sous forme de restitution d’entretiens de terrain à partir des témoignages de Lasseubois qui ont évoqué les parcours migratoires familiaux depuis leurs pays d’origine : Pologne, Italie, Espagne, Algérie, Portugal.

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Abel Kouvouama, anthropologue à l’UPPA et les membres de l’association organisatrice PauSES sont venus en force : Aline Ferré, Mercedes Alvarez, Francine Bégards, Katia Chibi, Laurent Bruneau. La soirée est animée par Eric Caup (professeur d’histoire au Lycée Supervielle d’Oloron) et Laurent Bruneau (professeur de SES, au Lycée L. Barthou de Pau).

Après les mots d’introduction de Jean-Louis Valiani, Maire de Lasseube, Henriette Alegre évoque les différents entretiens recueillis avec la participation de Maryse Laborde et de Francine Bégards.

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Laurent Bruneau, en propos liminaire, aborde les questions migratoires sous l’angle économique :

  • L’intégration par le travail précède et conditionne l’intégration sociale et culturelle.
  • L’intégration professionnelle produit alors un enrichissement social et une hybridation culturelle.
  • Cette logique économique de l’immigration a un impact sur la population. L’exemple de l’immigration cubaine de Miami (après la révolution à Cuba) est instructif : après le rejet de la population et la hausse du taux de chômage, s’établit progressivement une richesse sociale, économique et culturelle accompagnée d’une diminution du chômage au bout de quelques mois.

Stéphane Beaud poursuit avec une approche sociologique de l’immigration. Il se réfère à la définition juridique du terme « immigré » donnée par le Haut Conseil à l’intégration (1990) : l’immigré n’est autre qu’un étranger, né à l’étranger.
Pour illustrer le choix ou le refus de l’acquisition de la nationalité française, il prend appui sur les témoignages apportés par des petits-enfants ou enfants d’immigrés, originaires de différents pays, dans des périodes et contextes de migrations diverses. Ces décisions sont toujours liées aux conditions économiques, sociales et politiques dans lesquelles se trouvent les individus. Elles sont également liées à la reconnaissance sociale comme l’attestent certains parcours (Valiani, Dorosz, Mahfiche...).

Comment les immigrés s’intègrent-ils à la société ?

Stéphane Beaud souligne que l’intégration n’est pas une démarche individuelle mais qu’elle passe par le travail. C’est une démarche structurelle qui emprunte des voies diverses, comme les associations, les syndicats ou les partis politiques, et qui ont pour effet de rassurer et de protéger.
C’est ainsi que le JE devient un NOUS collectif.

Stéphane Beaud rappelle les stigmatisations qui ont accompagné les vagues migratoires polonaises, Italiennes, espagnoles.

De nombreux témoins évoquent ensuite la mémoire des Républicains espagnols de la guerre civile emprisonnés dans les Camps d’Argelès sur Mer et de Gurs (H . Villacampa, M.Alvarez). D’autres évoquent l’histoire Italienne (V.Zornitta et E. Caup), l’histoire des indépendances africaines (A.Kouvouama), et l’histoire polonaise (A. Dlogosz).

Aussi, les témoins, se référant aux conditions sociales d’émigration du pays d’origine, d’intégration dans le pays d’accueil ou de retour aux racines de leur pays ainsi qu’aux valeurs qui sous-tendent les diverses trajectoires, font-ils surgir l’émotion relativement

  • aux qualificatifs dévalorisants : par exemple les Italiens sont des « macaronis » (V. Zornitta)
  • à l’école, pas toujours intégratrice, parfois excluante (E. Caup, A. Dlugosz)
  • à l’espoir du retour, au retour impossible, au pays imaginaire (A. Dlugosz, M.Alvarez)
  • à l’engagement politique (M. Alvarez, H. Villacampa)
  • à la transmission des valeurs acquises dans le rapport des générations (M. Alvarez....M. Dorosz....)

Quant à la question de la religion, sa pratique, selon Stéphane Beaud, est très liée aux conditions sociales des individus : il cite l’exemple de lycéennes brillantes qui, intégrant l’Université adoptent le voile…

Rendez-vous pris, pour la conférence d’Eric Caup « Un siècle d’histoire de l’immigration » : vendredi 10mai

Voir aussi : Article de presse SUD OUEST ici

Rappel du programme

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